Le COVID-19 a infecté des centaines de milliers de personnes et en a tué des dizaines de milliers dans le monde entier, et il continue de ravager les sociétés ainsi que la stabilité fiscale et économique de plusieurs pays. À l’heure actuelle, plusieurs médicaments conçus pour d’autres pathologies ont été réaffectés à la lutte contre la pandémie de COVID-19. Certains ont une efficacité modeste pour résister à cette maladie, mais tous présentent une toxicité importante. Plusieurs sociétés pharmaceutiques s’empressent de mettre au point des vaccins, mais ils ne seront disponibles que dans 8 à 12 mois. Dans l’intervalle, on recherche des molécules facilement disponibles et abordables qui pourront servir d’antidotes au COVID-19.
Récemment, plusieurs groupes ont proposé indépendamment et presque simultanément que la mélatonine soit envisagée à cette fin et plusieurs essais sont en cours pour vérifier si la mélatonine est un médicament candidat fiable pour le traitement du COVID-19. Dans cette brève revue, nous avons décrit certains mécanismes potentiels par lesquels la mélatonine pourrait agir pour protéger contre une infection par COVID-19. La capacité probable de la mélatonine à forcer les cellules immunitaires activées à abandonner la glycolyse aérobie au profit de la phosphorylation oxydative mitochondriale est particulièrement intéressante. La glycolyse aérobie donne aux cellules immunitaires activées pro-inflammatoires, par exemple les macrophages, la possibilité de produire des quantités accrues de cytokines qui sont libérées sous la forme d’une tempête de cytokines. L’augmentation significative du stress oxydatif qui en découle est reconnue comme un facteur contribuant de manière importante au dysfonctionnement broncho-alvéolaire et à la pneumonie qui surviennent chez les personnes infectées par le COVID-19. La mélatonine, par des processus similaires, peut réduire la formation de macrophages M1 pro-inflammatoires et les convertir en macrophages de phénotype M2, qui sont anti-inflammatoires. Ce ne sont pas les seuls mécanismes par lesquels la mélatonine peut protéger contre la pandémie mortelle de COVID-19. La mélatonine pourrait également être administrée comme adjuvant à d’autres agents pharmaceutiques toxiques, avec une forte probabilité de réduction de leurs effets secondaires.