Des recherches antérieures ont identifié l’insomnie comme un facteur prédictif de l’apparition de la dépression. L’objectif de cette méta-analyse est de déterminer si l’insomnie prédit également l’apparition d’autres troubles mentaux.
Les études longitudinales ont été retenues si elles examinaient l’insomnie au départ (y compris les symptômes nocturnes et diurnes) en tant que facteur prédictif de l’apparition ultérieure d’une psychopathologie dans le cadre d’un suivi d’au moins 12 mois. Treize études primaires ont été incluses. Les résultats suggèrent que l’insomnie est un facteur prédictif significatif de l’apparition de la dépression (10 études, OR 2,83, CI 1,55-5,17), de l’anxiété (six études, OR 3,23, CI 1,52-6,85), de l’abus d’alcool (deux études, OR 1,35, CI 1,08-1,67) et de la psychose (une étude, OR 1,28, CI 1,03-1,59). Le risque global de biais dans les études primaires était modéré. Cette méta-analyse fournit des preuves que l’insomnie augmente le risque de psychopathologie.
Un futur programme de recherche devrait inclure davantage d’études prospectives utilisant des critères de diagnostic établis, évaluant l’insomnie au départ et comprenant des intervalles de suivi à long terme évaluant un plus large éventail de troubles mentaux. En outre, des études interventionnelles prospectives à long terme portant sur l’efficacité du traitement de l’insomnie pour la prévention des troubles mentaux sont nécessaires.